Vite vendredi… arrive!!

21 février 2008 - No Responses

Je trouve la semaine longue. Il me semble que mon dernier week-end remonte à plusieurs lunes.

Je voulais voir l’éclipse hier, mais Anglo ronflait déjà à 20 h 30 et je n’ai pas eu le courage de sortir seule dans la nuit froide pour regarder la lune rouge. En fait, elle était déjà rouge quand je suis rentrée à la maison.

Aujourd’hui, la journée s’est bien déroulée. Mais j’ai bien hâte à ce soir. Je vais à un souper d’anniversaire à l’Académie. Je n’y suis jamais allée. J’espère que ça sera bon!

La journée de travail s’achève… Ciao!!

Anniversaires, sorties et cauchemars…

20 février 2008 - No Responses

Fin de semaine bien plaisante!

Vendredi, Anglo et moi sommes allés chez Meilleure amie. Nous avons regardé la télévision. Rien de bien excitant, mais un bon moment de détente.

Samedi matin, je suis allée chercher Petite sœur chez elle pour l’amener déjeuner. C’était sa fête. Je crois qu’elle a bien aimé ses cadeaux. Je l’ai ensuite kidnappée pour la ramener chez moi afin de régler le problème mégacapilaire d’Anglo. Il avait vraiment besoin d’une coupe et Petite sœur, coiffeuse de profession, est venue à la rescousse! Avant de rentrer, nous sommes allée rendre visite à Meilleure amie pour que Petite sœur voie son nouveau condo et son nouveau minou.

Dimanche, journée très tranquille. Après l’épicerie, Anglo a joué à la Wii pendant que je préparais un bœuf bourguignon en regardant la télévision dans la cuisine. Vers 14 h 30, le téléphone sonne. Meilleure amie est coincée à la station de métro parce qu’un « individu » a décidé de se balader sur les rails. Je suis allée la ramasser et je l’ai conduite à son travail. Nous nous sommes couchés de bonne heure. Anglo est pas mal pépère depuis qu’il a son nouvel emploi.

Anglo m’a aussi raconté qu’il avait reçu un appel d’un entrepreneur qui cherchait à embaucher des charpentiers vers la fin du mois. Il était anglophone, au grand bonheur d’Anglo. Ils ont parlé de la construction pendant 5-10 minutes. C’est mignon de voir l’enthousiasme d’Anglo. J’espère sincèrement qu’il aura l’emploi. Il doit rappeler le monsieur la semaine prochaine.

Lundi, la journée a été pénible. La motivation n’était définitivement pas au rendez-vous. En plus, le système informatique faisait des siennes et nous avons eu beaucoup de difficulté à terminer le travail à temps. Une fois à la maison, j’ai mangé en vitesse pour ne pas être en retard pour mon bénévolat. J’avais presque le manteau sur le dos quand Anglo m’a annoncé que la lecture était annulée ce soir. Il adore me faire marcher! C’est un de ses passe-temps favoris… Nous avons préparé nos sacs de sport et nous sommes allés au gym.

Dans la nuit, je me suis réveillée un peu avant 3 h 00. J’ai fait un horrible cauchemar. Le pire de toute ma vie je crois. J’ai rêvé qu’Anglo et moi avions acheté la maison dans laquelle j’ai grandi. J’étais enceinte et nous voulions rafraîchir la peinture dans les chambres. Le soir, Anglo est sorti. Je l’ai retrouvé, aux petites heures, dehors, complètement ivre, une grosse bouteille de vodka dans la poche de son manteau. Je l’ai ramené à la maison et je lui ai fait une scène terrible. Je lui ai crié : « You better find a place to stay, because I want you out! ». J’ai claqué la porte et je suis descendue au rez-de-chaussée. Quelques secondes plus tard, j’ai entendu deux coups très forts. Mon cœur s’est arrêté net. Anglo venait de se tirer deux balles. J’ai entendu son corps débouler dans l’escalier. Je me suis précipitée sur lui, j’ai cherché d’où provenait le sang pour faire une pression sur ses plaies, mais je ne trouvais pas. Je pleurais en lui disant que je l’aimais, qu’il ne pouvait pas me quitter comme ça. Je me suis — enfin — réveillée, le cœur tout serré. Un horrible cauchemar. J’en ai encore des images très nettes. C’était vraiment épouvantable. Après mon rêve, je suis allée boire un verre d’eau et je me suis collée fort fort sur Anglo en revenant dans le lit.

Hier, la journée au travail n’avait rien de palpitant. Après, par contre, je suis allée me promener sur le mont Royal en compagnie de deux collègues. Après une heure de marche, nous sommes arrivées au petit chalet près de la patinoire et nous avons siroté un chocolat chaud en jasant. L’exercice, l’air frais et, surtout, le chocolat chaud (avec guimauves, rien de moins!) m’ont fait le plus grand bien! À mon retour, un souper préparé par Anglo m’attendait. J’aime ma vie :)

Aujourd’hui, rien de spécial ne s’est encore produit… Anglo s’en va au gym après le travail, je serai donc responsable du souper. Ça ne me dérange pas du tout. J’aime bien faire la cuisine. Surtout que nos recettes sont planifiées la fin de semaine. Il ne manque donc jamais d’ingrédients pour faire les repas. Je dois aussi penser à laisser un mot à un ami dont l’anniversaire était hier. J’espère qu’il ne m’en voudra pas trop à cause de ce petit retard…

À bientôt! 

Une histoire non réglée…

15 février 2008 - No Responses

Il y a déjà deux ans et demi que je ne parle plus à ma mère. Ma mère, c’est une personne généreuse, aimante, serviable et sensible. Ma mère, c’est aussi une personne qui a beaucoup souffert dans sa vie et qui souffre encore de grandes lacunes émotionnelles.

Enfant unique dans un Québec où les mamans traînaient leur chapelet d’enfants avec fierté, elle s’est sentie seule. Abandonnée par sa maman, que l’on traitait de traînée. Confiée par son papa, qui ne reconnaissait pas la paternité, à sa tante. Battue. Isolée. Négligée. Pour son père, des lunettes pour la myopie avancée, c’était un caprice. Mal de dents? Prends mon trente sous, va t’acheter des bonbons, foue-moi la paix.

Ma mère a vécu d’horribles choses. Elle s’en est bien tirée. Emploi stable, mariage qui a duré 20 ans, deux enfants, maison modeste mais confortable en banlieue. Mais le trou, ce grand trou dans son cœur, il n’a jamais été comblé. C’est un trou sans fond, un trou noir qui absorbe tout sans jamais être rassasié. Ma mère a été aimée, mais elle ne s’en est pas contentée. Elle voulait être aimée plus, plus, plus… Et quand ses proches n’arrivaient pas à combler ce grand trou, elle trouvait d’autres moyens de nous extorquer de l’amour. Aucune technique n’était laissée de côté. La pire, la plus meurtrière, c’est la manipulation et sa copine inséparable, la culpabilité.

Ma mère n’a jamais été satisfaite. Elle nous aimait beaucoup, mais calculait l’écart entre l’amour qu’elle nous donnait et celui qu’elle croyait recevoir. Et le solde était toujours négatif. Elle nous demandait de lui démontrer plus d’amour et, lorsque nous nous efforcions de lui plaire, elle nous reprochait de ne pas l’avoir fait spontanément. Elle était fière de mes succès à l’école, de mon ascension jusqu’à l’université et des bourses que je récoltais. Mais elle m’en voulait également d’avoir eu la chance (offerte par elle-même) d’étudier, alors qu’elle n’avait pas pu. Elle m’en voulait d’acquérir à l’extérieur de la maison un savoir qu’elle ne pouvait m’offrir. Elle aurait voulu être ma vie, mon monde, mon tout. Et de voir que j’étais heureuse à l’extérieur, avec mes amis, avec mon copain, sans elle, sans son intervention, ça la faisait rager.

Je me rappelle être revenue à la maison un jour, je devais avoir environ 12 ans. Je revenais de chez ma copine et j’étais d’excellente humeur. Ma mère m’a regardée dans les yeux et m’a demandé, le plus sérieusement du monde : « À quoi je sers maintenant? En quoi as-tu encore besoin d’une mère? ». Est-il normal pour une fillette de douze ans de se faire demander par mère la définition du rôle parental? Ma mère était profondément blessée que j’aie une vie distincte de la sienne.

Ma mère pouvait être douce, puis sortir des méchancetés extrêmement blessantes. Des « sans cœur » et des « j’ai tout fait pour toi, et tu ne m’aimes pas ». Des babounes, des grands pleurs, des cris, des larmes. Le drame toujours présent. Dans mon esprit, ma mère et le drame sont encore aujourd’hui associés. Un drame réel oui, mais un drame dans lequel elle se complaisait. Un drame réconfortant. Un drame qu’on étale aux yeux de tous, l’art d’être victime, d’être persécutée de tous. L’art de faire pitié, l’art de susciter la compassion, la culpabilité. Un drame cultivé. La culture du drame.

Mon père a vécu ce Drame. Il ne voulait pas provoquer le volcan, alors il gardait ses émotions pour lui. Ma mère enrageait de le voir aussi calme alors que le Drame était en notre foyer. Elle lui en voulait d’être si posé. De l’indifférence. Voilà ce que c’était pour elle. Lui se voulait fort. Il voulait être son appui. Mais pour elle, c’est tout comme si elle vivait seule son Drame. Comme si mon père n’était pas touché et qu’elle était laissée à elle-même. Elle aurait voulu que tout le monde vive son Drame. Que tout le monde le cultive, le reconnaisse, le materne. Je crois qu’elle aimait son Drame parfois plus que nous.

Depuis ses vingt ans, ma mère boit. Petite, je n’en étais pas consciente. Ma mère vomissait souvent lorsqu’elle se disputait avec papa. Elle pleurait, criait, puis courait à la toilette pour vomir la porte grande ouverte. Je croyais que les émotions faisaient vomir la mère. Plus tard, j’ai bien vu que ma mère buvait trop. Dès son retour du travail, un verre de vin prolongeait son bras. Elle buvait en cuisinant, en mangeant, en regardant la télévision. Puis elle s’endormait dans le salon, un verre de vin près d’elle.

Il y a eu beaucoup de décès dans ma famille. Mes parents n’ont pu soutenir le choc et ils ont sombré tous les deux dans une dépression majeure qui a duré deux ans. C’était pendant mon adolescence. La pire période de ma vie. Ma mère était plus avide encore d’amour et d’attentions et mon père nous écrivait toutes les semaines pour nous demander de prendre soin de notre mère. Ça n’était jamais assez. Toujours ma mère avait des idées suicidaires et mon père nous enjoignait de faire plus attention. Les décès, ma sœur et moi les avions vécus aussi. Pour nous aussi c’était difficile. Nous étions traitées comme les enfants ingrats qui se foutaient royalement de leurs parents. Vraiment, la pire période de ma vie. Il n’y a pas de mots.

Plus tard, mes parents ont divorcé. Ma mère est descendue dans ma chambre un soir. Elle m’a dit que ce qu’elle avait à m’annoncer était très difficile. Elle et mon père divorçaient. Dès qu’elle est partie, je suis montée à l’étage où mon père pleurait, seul. Je lui ai pris la main et je lui ai dit que je l’aimais. Je pouvais sentir toute sa douleur. Et pourtant, nous savions tous qu’aucune autre issue n’était possible. Mes parents avaient consulté une ribambelle de «-logues » de toutes sortes pendant quatre ans. Et toujours ma mère pleurait et criait de n’être pas comprise, pas aimée. 

J’étais majeure, alors on m’a demandé de choisir avec qui je voulais aller vivre. J’avais terriblement peur de la réaction de ma mère, mais j’ai dit la vérité. Je voulais vivre avec mon père. Ma mère m’a dit que celui-ci avait préféré que je reste avec elle. Lui m’a dit, beaucoup plus tard, qu’elle l’avait supplié de garder les deux filles avec elle. La cohabitation avec ma mère était vouée à l’échec.

J’ai consulté une psychologue pour essayer de démêler tout ça. J’étais extrêmement malheureuse dans ma relation avec ma mère. Je suis allée voir cette psychologue toutes les deux semaines pendant plusieurs mois. J’ai pesé le pour et le contre d’un déménagement. Je ne savais pas comment satisfaire les attentes de ma mère. Je me sentais coupable. Un jour, la psychologue m’a demandé de réfléchir pendant la semaine à un scénario. Un scénario dans lequel je faisais quelque chose pour ma mère (même si, en réalité, je ne le ferais pas) qui rendrait ma mère complètement satisfaite. J’y ai beaucoup pensé. Lors de la séance suivante, j’ai dû avouer à la psychologue que je n’avais rien trouvé qui aurait pu satisfaire ma mère. Elle m’a alors simplement répondu : « Alors, arrête d’essayer. » Je n’y suis plus jamais retournée. C’était une révélation. Comme si quelqu’un avait ouvert les rideaux et que le soleil était venu aveugler mes yeux endormis. 

Peu de temps après, ma mère a signifié que je devais quitter la maison. Elle ne voulait pas d’une simple colocataire qui ne semblait pas participer à la « vie familiale ». J’ai fait mes boîtes, seule, dans la maison où j’ai grandi. Tout le monde s’était arrangé pour être absent. J’ai beaucoup pleuré. Je voulais partir, m’éloigner de ce poison de Drame, mais j’étais triste de la façon dont se déroulait mon départ. Avoir mon propre appartement, c’était une grande étape dans ma vie, et voilà qu’on l’avait gâchée pour moi. On en avait fait un Drame.

Par la suite, ma mère a continué de me téléphoner. Elle me gardait souvent au téléphone pendant des heures. Elle était agréable et me disait des mots doux, puis, sans crier gare, elle décochait une flèche. Toujours les reproches. Je ne consacrais pas assez de temps à la famille, je ne l’appelais pas assez souvent, etc. Un jour, elle m’a tellement blessée que j’ai pleuré au téléphone. Elle est devenue folle de rage parce qu’elle pensait que mes gémissements étaient dûs à des attentions (!) d’Anglo. Elle pensait que je me fichais complètement de son Drame et que je bais*** à l’autre bout du fil. C’en était trop.

Pour sa fête, je l’ai reçue chez moi. Au programme lasagne maison et télégramme chanté avec ballons. Nous avons passé une très belle soirée. Deux semaines plus tard, un appel de maman.

(Maman) Merci pour la soirée. Mais je pensais à ça, je n’ai pas reçu de carte.

(Moi) Euh… désolée. Il y a eu le télégramme chanté, je pensais que…

(Maman) Non mais, pas une seule de mes filles n’a eu le cœur de m’écrire une carte. Alors, s’il te plaît, pourrais-tu m’en écrire une.

La même année, au travail, elle est venue me voir. Elle me dit : « Oui ben là je pensais à ça… J’ai beaucoup réfléchi et je ne vois vraiment pas… Comment me démontres-tu que tu m’aimes? ». Si elle n’est pas foutue de le voir, ce n’est pas moi qui vais lui faire la liste de mes marques d’amour. J’ai été tellement insultée! Je lui ai juste dit que je n’allais pas en parler, pas au travail, pas comme ça.

Quelques semaines plus tard, elle est arrivée à mon bureau, encore, les cheveux en bataille, l’air assez moche. Elle m’a dit qu’elle avait quelque chose pour moi. Elle m’a remis un livre de souvenir qu’elle avait rempli, avec des photos. Une belle attention. Mais dans le même souffle, elle ajoute : « Tu sais, depuis que tu as deux ans, j’essaie de t’aimer. » (?!?!?!) Que lui ai-je fait d’impardonnable quand j’avais deux ans? De quoi dois-je me racheter? J’avais juste envie de lui dire d’arrêter. Arrête d’essayer maman, on n’est pas faites pour s’aimer.  

À l’été 2005, mon père a reçu un diagnostic de cancer. Le pronostic était mauvais. Mon père allait mourir. Ma mère a alors fait quelque chose d’inacceptable que je ne veux même pas mentionner ici. C’est tellement dégueulasse comment elle a agi. Je ne pourrai jamais lui pardonner ça. Jamais. Un peu avant mon anniversaire, j’ai écrit à ma mère. Une lettre qui tenait sur une seule page. Notre relation était malsaine, elle ne faisait que nous blesser mutuellement. J’ai aussi ajouté que si elle ne faisait pas face à son problème d’alcool, ma porte demeurerait fermée. Deux ans et demi se sont écoulés et rien n’a encore été fait en ce sens.

Je crois que l’alcool a deux fonctions pour ma mère. D’abord, elle lui permet évidemment d’engourdir son mal d’être. Mais je crois aussi que, consciemment ou non, elle boit pour nous faire sentir coupable, une fois de plus. Elle se fait mal pour cultiver le Drame, son enfant chéri, et continuer sa vie de victime. Son problème d’alcool semble constituer pour elle un état que les circonstances lui imposent, et non un état qu’elle s’inflige elle-même et dont elle peut se débarrasser. Plusieurs personnes ont essayé de l’aider, mais elle n’essaie même pas. Je crois qu’elle ne pense avoir aucun pouvoir là-dessus. Alors elle ne tente même pas de s’en sortir, convaincue d’avance que rien n’y fera.   

La vie sans ma mère, c’est une vie sans Drame. Des drames, il y en a eu depuis la fin de cette relation. Mais pas des Drames. Le décès prématuré de papa a été un grand drame pour moi. Heureusement, j’avais déjà coupé les liens avec ma mère, alors son Drame ne s’est pas ajouté au mien. Je rêve d’une vie toute simple. Je n’ai pas besoin de Drames pour vivre intensément. Je ne veux surtout pas poursuivre la culture du Drame.

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La raison pour laquelle je relate ici cette histoire, c’est parce que des démons me hantent toujours. Je sais que j’ai des tendances à la manipulation. Je les retrace aisément jusqu’à ma mère, mais je sais que je suis ma propre personne et que c’est mon défaut à moi. Je déteste cette partie de moi et je déteste d’autant plus le fait que je blesse et culpabilise Anglo. Je déteste lui faire vivre ce que j’ai vécu.

Hier, j’ai appelé Anglo pour lui dire de ne pas faire à souper. Je l’invitais au resto. Une fois arrivée à l’appartement, il me dit qu’il avait prévu autre chose. Du Harvey’s (mon fastfood préféré) m’attendait sur la table. Je l’ai remercié, j’étais vraiment contente. Puis il m’a dit qu’il devait aller écrire dans ma carte. J’ai été vraiment déçue. Je ne m’attendais pas à un cadeau (il n’a pas d’argent), mais je croyais qu’il aurait quand même déjà écrit dans la carte.

Je suis allée prendre un bain plein de mousse. J’étais fâchée, mais je me rendais compte que ça n’était pas si grave que ça. J’ai pensé, avec beaucoup de lucidité : tu peux sortir de la salle de bains, faire comme si tout allait bien et passer une agréable soirée de la Saint-Valentin ou tu peux sortir, bouder et tout ruiner. Ça a été plus fort que moi. Je suis sortie, la baboune dans la face. Anglo s’en est rendu compte, il a essayé de m’amadouer, mais je ne voulais rien savoir. Une vraie peste. Il a fini par lâcher prise et s’est installé dans la cuisine, à l’autre bout de l’appartement.

Je me suis sentie vraiment vache. Je savais que j’avais tout ruiné moi-même. J’étais déçue, puis j’avais mal agi et maintenant, j’étais en colère contre moi. Et cette colère, je l’ai dirigée vers Anglo et je l’ai fait sentir coupable. J’avais vraiment honte de la manipulation que je venais de faire. Vraiment honte.

Là où j’ai été différente de ma mère, par contre, c’est que je suis allée le rejoindre dans la cuisine et je me suis excusée. Je lui ai expliqué comment je m’étais sentie, je lui ai dit que j’avais très honte et que j’étais consciente que la seule responsable de ce gâchis, c’était moi. Il a sûrement vu que j’étais sincère, car il a accepté mes excuses sans me faire de reproches. J’arrive mal à m’expliquer pourquoi je lui ai délibérément fait du mal. Je ne comprends pas. Je l’aime Anglo, et il ne mérite pas ça du tout. Parfois j’ai peur qu’il se lasse de mes sautes d’humeur et qu’il me quitte. Il faut vraiment que je travaille là-dessus. 

Finalement, une petite audace de ma part a fini de réparer les choses. C’est une surprise que je lui réservais pour la Saint-Valentin et il a été très enchanté. Mais les détails n’ont pas leur place ici. Désolée! Jardin secret.

Accalmie…

14 février 2008 - No Responses

Je n’arrive pas à le croire… Une accalmie qui se prolonge au travail!

Je trouve par contre qu’il est très difficile de se motiver à reprendre de vieux dossiers non urgents, même si on devrait en profiter pour s’avancer dans ce genre de projets. J’ai toujours été très efficace en situation de crise. Les journées tranquilles sont moins stimulantes pour moi et mon niveau d’intérêt pique du nez. Je vais essayer de me remettre dans mes vieux dossiers et de les terminer pour passer à autre chose.

C’est la Saint-Valentin et je n’ai toujours pas de projet pour ce soir. Si Anglo n’a rien planifié (et je ne vois pas avec quels sous il aurait pu prévoir quelque chose), ça risque d’être tranquille (ce qui n’est pas mauvais non plus). Je suis rarement à la maison les jours de semaine et je m’ennuie souvent de mon chez moi. Je vais peut-être le sortir au resto. Miam!

J’ai reçu mon passeport hier. Non mais, vraiment, si vous voulez obtenir la photographie la moins flatteuse de votre visage, il n’y a qu’à suivre rigoureusement les directives de prise de photo pour le passeport. Les cheveux derrière les oreilles, pas de boucles d’oreilles, pas de maquillage, pas de gloss, pas de sourire, pas d’étincelle dans les yeux… M’enfin… Il n’y aura qu’une poignée de gens qui verront cette photo. Beurk.

J’ai hâte de rentrer! Quelle journée plate! Beurk!

Vivement le collage à la maison! Vivement le vendredi (en jeans!!) pour qu’on puisse enfin passer au week-end!!

Wow! je peux enfin prendre mon souffle!

13 février 2008 - No Responses

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Plusieurs fois j’ai essayé de venir écrire ici, mais la charge de travail a été trop grande pour pondre plus de deux lignes.

Le grand coupable de la semaine dernière : le rapport annuel! Un document d’une soixantaine de pages uniquement dédié à un « pétage de bretelles » indécent. Les traductions avaient déjà été livrées, mais les relectures interminables ont fait en sorte que j’ai dû rester au bureau (accompagnée d’autres collègues) jusqu’aux petites heures. C’est ce qui arrive lorsque l’on confie la mise en page d’un document en français à des anglophones… Je ne les blâme pas! Je serais bien perplexe si l’on me demandait de mettre en page un document en allemand.

Nous ne pouvions pas nous absenter le lendemain matin, alors toute la semaine, j’ai traîné ma fatigue accumulée comme un boulet à la cheville.

La fin de semaine, je suis allée déjeuner avec Meilleure amie. Je devais aller acheter des cadeaux de fête pour les nombreux verseaux de ma famille et, à ma grande surprise, Meilleure amie (qui déteste le shopping) et Anglo (qui exècre le shopping au moins 3 fois plus que Meilleure amie) se sont joints à moi. J’ai dû faire ça rapido presto!

En soirée, petit accrochage avec Anglo à propos de son chômage qui ne semble plus finir. Est-ce qu’il ne cherche pas assez? Est-ce qu’il y a une erreur dans son cv? Est-ce que c’est parce qu’il ne parle pas très bien français? Est-ce que c’est parce que son nom de famille a des allures étrang(èr)es? Je ne sais plus quoi penser… Je dois vider mon sac, parce que j’en ai ras le bol de soutenir financièrement notre ménage depuis plus de 6 mois et de subir la pression de mon entourage (du genre : il n’est pas assez bien pour toi). Oui il est assez bien pour moi, merci beaucoup, mais oui, c’est vrai, la madame en a assez et c’est le temps pour Anglo de se prendre en main.

Le dimanche, je suis allée chercher Meilleure amie (qui n’a pas de voiture) pour faire l’épicerie ensemble. Encore une fois, nous étions pressées dans le temps, parce que j’avais une petite fête familiale à 14 h et je devais aller chercher Petite sœur à 30 minutes de voiture de chez moi avant de me rendre (dans la direction opposée) à l’endroit où se déroulait la fête.

J’ai été très heureuse de voir ma grand-mère. Depuis le décès de papa, elle dégringole rapidement. Elle a dû abandonner beaucoup de son indépendance, notamment sa maison, et tout récemment, sa voiture. Elle n’est pas très malade, mais elle a maintenant de la difficulté à marcher et c’est difficile de la voir ainsi. Elle a toujours été si active et si pleine d’énergie. Elle n’est plus désormais que l’ombre de la grand-maman vive que j’aimais tant.

Nous avons quitté la fête vers 18 h 30 et avons conduit Petite sœur chez elle. Le reste de la soirée a été bien tranquille.

Lundi est arrivé avec son lot de fatigue et de morosité. C’est tellement plate les lundis! En soirée, les enfants avec qui je fais de la lecture étaient haïssables. Je les aime tellement d’habitude! Auront-ils pressenti la tempête de neige? La grande de 12 ans se comportait comme une enfant de prématernelle. Décourageant. Ça m’a beaucoup étonnée parce qu’ils sont toujours très gentils.

Hier, j’avais une réunion avec l’organisme de bénévolat. Des petites conférences sont souvent organisées lors de ces réunions trimestrielles. Des enseignants, des orthopédagogues, des auteurs et des illustrateurs de livres pour enfant viennent nous rencontrer et répondent à nos questions.

Hier, c’était un illustrateur très connu qui est venu nous rencontrer. Il avait beaucoup de charisme. J’étais suspendue à ses lèvres et quand il nous a raconté certaines des histoires qu’il avait écrites ou illustrées, mes yeux se sont remplis d’eau. Il a une grande sensibilité et j’ai trouvé son approche très touchante. 

Hier était aussi un grand jour pour Anglo, puisqu’il commençait un nouvel emploi. C’est le genre de truc qu’il faisait avant de retourner à l’école (donc un peu décevant), mais en attendant la reprise des chantiers, ça n’est pas mal du tout. Ça va surtout le faire sortir de la maison.

Aujourd’hui, ça m’a l’air plutôt tranquille au travail. Mais tout peut basculer en un instant ici! Ce soir, souper et gym avec Anglo. Si je suis gentille, je ferai un peu de ménage.

Je ne sais pas quoi faire pour la Saint-Valentin. J’ai acheté une carte, mais je n’ai pas d’idée d’activités ou de cadeau, vu nos finances respectives assez peu florissantes. Il y a toujours le bon vieux cocooning à deux. On verra bien! L’important pour moi, c’est la carte.

Anglo n’est pas très poète et je n’ai pas droit à de belles grandes lettres d’amour, mais depuis le début, à ma fête, à Noël et à la Saint-Valentin, je reçois une carte pleine pleine pleine de texte (écrit petit en plus)!

Bon, je ferais bien de retourner à mon ouvrage. J’essaierai d’écrire plus souvent.

Adios linda gente!  

Espoir de courte durée…

31 janvier 2008 - No Responses

En rentrant du gym, je m’attendais à arriver dans mon appartement vide et à passer la nuit seule avec ma chatte.

Puis, surprise, la voiture est garée juste devant et les lumières sont allumées…

Anglo s’est rendu à son nouvel emploi (qu’il avait obtenu par l’intermédiaire d’une agence de placement) pour se faire dire qu’il ne s’agissait pas d’un poste de journalier, mais bien d’un poste de réceptionniste.

Déception… Après près de 6 mois de chômage, nous étions bien contents de cet emploi. Anglo retournera à l’agence de placement demain. On se croise les doigts.

J’avoue cependant que, malgré la déception, je ne peux m’empêcher de sourire en imaginant Anglo jouer à la secrétaire :-) Aimeriez-vous une tasse de café?

Un trabajo para Anglo

31 janvier 2008 - No Responses

Yessssssss Sir!!

La madame était ben contente! Bon, ce n’est pas les gros chars, loin de là, mais c’est au moins quelque chose.

Anglo commence à travailler ce soir dans un entrepôt. Je suis contente parce que ça va lui faire beaucoup de bien de sortir de la maison et d’avoir un revenu supérieur à « inexistant ».

D’un autre côté, je suis déçue parce que je ne le verrai plus (horaire de soir), parce que je ne pourrai plus utiliser notre voiture les soirs de semaine et parce qu’Anglo était retourné sur les bancs d’école (en français en plus, oui Monsieur!) justement pour ne plus travailler dans des entrepôts.

Mais comme il me dit souvent lui-même, beggers can’t be choosers et, faute de mieux, il devra s’en contenter pour encore quelques mois, jusqu’à ce que les chantiers reprennent.

Vivement le printemps!  

Moment de pur bonheur

27 janvier 2008 - No Responses

Vous savez c’est quoi le bonheur?coeur_071.gif

J’avais commencé un texte là-dessus.

Mais ce matin, c’est ce à quoi j’ai eu droit.

Anglo et moi en cuillère, la peau chaude d’amour, la couette relevée jusqu’aux oreilles et Miss diva la chatte grimpée sur nous qui me regarde en ronronnant.

Moments de pur bonheur.  Merci la vie!

Un petit message…

23 janvier 2008 - No Responses

Juste un petit post pour dépoussiérer un peu mon blog.

Je n’ai pas oublié cet espace et j’ai même un petit texte sur le bonheur (original!!) en préparation. Ça bouge beaucoup au travail et mes soirées sont toujours bookées longtemps à l’avance.

 Je reviens d’un souper chez Femme de papa. Une belle soirée, comme d’habitude!

 Anglo me réclame un peu d’affection avant l’heure du dodo. Je ne me ferai pas trop prier.

À bientôt!

Soulagée!

17 janvier 2008 - No Responses

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J’ai eu mon rendez-vous chez un spécialiste hier pour une petite intervention que je ne décrirai pas ici. J’étais très nerveuse, mais tout s’est déroulé beaucoup mieux que prévu! Le diagnostic de mon médecin de famille (que j’adore, en passant!) n’était pas tout à fait juste, alors le traitement effrayant que je devais recevoir a finalement été moins pire que prévu.

Ce n’est pas la première fois que j’amplifie involontairement mes angoisses en essayant de poser des diagnostics sur ma personne ou en essayant de prévoir le traitement pour tel ou tel bobo en faisant des recherches sur Google. Je suis certaine de ne pas être la seule nounoune à faire ça! J’ai d’ailleurs lu un article qui traitait d’une nouvelle tendance d’autodiagnostic au moyen de recherches dans le Web. Je suis donc très tendance! Le hic, c’est que mes diagnostics sont rarement exacts.  

À titre d’exemple, l’an dernier, j’ai cru fermement souffrir d’une péritonite (un trou dans l’estomac qui permet à l’acide gastrique ou à d’autres fluides de se répandre dans la cavité abdominale, ce qui, sans traitement, entraîne la mort dans les 24 heures). Un an ou deux plus tôt, je me faisais du mauvais sang en croyant dur comme fer que j’étais atteinte du tétanos, rien de moins! Au fil de mes recherches, j’ai découvert le nombre ridiculement bas de cas signalés au Canada et je me suis dit que je ne devais pas être « si spéciale ».  

J’admets volontiers mon incompétence en la matière, mais selon moi, « une hypochondriaque avertie vaut mieux qu’un vrai malade inconscient. » Enfin… quelque chose dans ce genre-là. 

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Je suis allée au gym mardi! Je pensais y aller uniquement pour un petit vingt minutes de cardio, mais j’ai finalement fait tous les exercices de mon programme. J’y retourne ce soir pour un cours d’aérobie. C’est très énergisant. Quand je rentre chez moi, je ne tiens pas en place et je dois souvent attendre deux ou trois heures avant d’aller me coucher. 

Demain, c’est vendredi. Un seul mot pour décrire mon extase : ENFIN! J’ai trouvé la semaine longue… En plus, nous avons la permission de porter des jeans au travail le vendredi. Ça peut paraître insignifiant, mais pour moi, c’est un remontant vraiment efficace. C’est comme si j’avançais d’un pas dans la fin de semaine.  

En fin de semaine, je vais essayer les bains flottant à l’Ovarium pour la première fois! C’est un cadeau d’une amie. J’ai vraiment hâte de revivre l’expérience « fœtale » que plusieurs me promettent. 

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Dans le billet précédent, je promettais de revenir sur les faits saillants de la dernière année. Je commence donc par le premier point. 

Obtention d’un poste permanent à mon emploi 

La structure de ma petite équipe de travail est plutôt inhabituelle pour le domaine dans lequel je travaille. En fait, tous les traducteurs sont embauchés à titre d’employés contractuels. Le contrat peut être renouvelé plusieurs fois, pendant des mois, voire des années et l’attribution d’un poste permanent a lieu uniquement lorsqu’un employé permanent quitte le service. Peu importe l’augmentation de la charge de travail ou du personnel, le nombre de postes permanents demeure fixe. Si bien qu’à un certain moment, près de la moitié des employés étaient contractuels.  

Lorsque je suis arrivée dans l’équipe, il n’y avait qu’une employée contractuelle. Je savais donc que je devrais attendre le départ de deux employés permanents pour obtenir un poste. Mais voilà que cet été, on m’annonce que j’ai obtenu le poste. C’était un événement bitter sweet. D’un côté, j’étais flattée qu’on reconnaisse mon dévouement et mes compétences, mais de l’autre, j’étais attristée parce que la personne qui devait, selon l’ancienneté, obtenir le poste était aussi devenue une grande amie. 

Après quelques semaines d’ambiance plutôt lourde au travail, mon amie m’évitant comme la peste et refusant de m’adresser plus de trois mots consécutifs, la poussière est retombée. Mon amie a finalement accepté la situation et a sauvé notre amitié. Depuis, elle est partie et a trouvé beaucoup mieux ailleurs. Elle occupe maintenant un emploi qui convient davantage à ses intérêts, à ses habiletés… et à son portefeuille. 

Je trouve dommage qu’il y ait encore des employés contractuels dans notre équipe. L’une des traductrices s’apprête d’ailleurs à nous quitter, puisque son contrat ne sera pas renouvelé. Elle est très efficace et très débrouillarde. Ça me peine beaucoup, car nous avions développé une amitié à l’extérieur du travail, mais je ne m’inquiète pas pour elle. Elle trouvera sa place au soleil, je n’en ai aucun doute.